Tuesday, 25 December 2012

Amour: Je cherche en vain le mot Exit.

À peu près 20 minutes après le début d'Amour, Anne est revenue dans l'appartement, à moitié paralysée. Son mari Georges la met au lit, lui donne le livre qu'elle demande. Elle le prend, le remercie, et lui dit qu'il peut maintenant aller faire ce qu'il veut, qu'il n'y a pas besoin de rester pour voir comment elle lit. Sa dignité est en jeu, il s'agit de ne pas “l'observer” (mot qu'elle a utilisé plus tôt). La respectant trop pour vouloir la blesser, Georges la laisse. Haneke, lui, l'observe, et la caméra reste solidement plantée là pour de nombreuses secondes. Grand bien lui fasse d'observer la noblesse d'âme de ce vieux couple: lui, le Créateur, se trouve au-dessus de sa protagoniste, et il n'est pas question de s'épargner un plan pour quelque chose d'aussi secondaire que la dignité d'un personnage.
Plus tard dans le film, Georges détaille le quotidien à sa fille, avant de lui affirmer qu'il s'agit de choses qui n'ont pas besoin d'être vues. Le film, évidemment, ne nous montre pas autre chose que ce quotidien que ne veulent pas montrer les personnages. Peut-être quelqu'un m'expliquera-t-il en quoi consiste “l'humanisme” ou la “tendresse” d'un film si impitoyablement voué à mettre en scène pour le spectateur les humiliations que le couple prend tant de mal à refuser aux autres personnages?

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